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Accueillir un stagiaire

Accueillir un stagiaire en entreprise, c’est un excellent moyen pour les chefs d’entreprise de faire connaître leurs métiers et leurs valeurs auprès des écoles, et donc d’attirer et de recruter de nouveaux talents. Pour le stagiaire, c’est souvent l’occasion de découvrir les règles de la vie en entreprise, les savoirs-être à acquérir au-delà des « simples » savoir-faire.

D’ailleurs, dans le but de développer l’insertion professionnelle durable des jeunes, de plus en plus d’écoles imposent des stages obligatoires afin de valider un cursus. Par suite, la question de la qualité des stages est régulièrement posée, notamment afin d’éviter les stages « café/photocopie ».

Car si les écoles proposent de plus en plus de stages, la Loi les encadre de plus en plus sévèrement, en particulier depuis la Loi du 10 juillet 2014 encadrant le recours aux stagiaires dans les entreprises.

 

Du stage découverte au stage intégration

Incontournable en 3ème, le « stage découverte » dure en général 5 jours. C’est un stage d’observation qui permet surtout à des jeunes de 14 à 15 ans de découvrir le monde du travail et les différents métiers de l’entreprise.

Si le stagiaire ne tiendra pas un poste en particulier, ce n’est pas un « mini stage-ouvrier », en revanche il pourra exécuter de petites tâches en accord avec son tuteur. L’objectif est surtout de lui permettre de commencer à bâtir ses choix d’orientation professionnelle.

C’est aussi le cas des adultes qui peuvent effectuer une immersion professionnelle en entreprise via Pôle Emploi par exemple, ou dans le cadre de l’AFPA.

Ce stage permet alors à ces professionnels en recherche de reconversion de « tester » un nouvel emploi, et de valider leur reconversion justement.

Enfin, de plus en plus d’écoles imposent un stage en fin de cursus afin de valider une année. Ces Stages varient en général de 2 à 6 mois maximum.

Un encadrement destiné à mettre fin aux abus

C’était l’engagement n°39 de Monsieur François Hollande : « j’encadrerai les stages pour empêcher les abus », qui s’inscrit dans le cadre de la « Priorité Jeunesse ». Une promesse actée lors du premier Conseil Interministériel de la Jeunesse (CIJ) du 21 février 2013 et concrétisant l’engagement pris lors de la Grande Conférence Sociale 2013.

La Loi du 10 juillet 2014 encadrant le recours aux stagiaires par les entreprises limite le nombre maximum de stagiaires pouvant être accueillis en entreprise et améliore nettement les droits des stagiaires (tickets restaurant, remboursement des frais de transport, autorisation d’absences et de congés, revalorisation de la gratification des stages d’une durée supérieur à 2 mois, meilleure protection, élargissement des pouvoirs de l’Inspection du Travail, ...).

De nouveaux droits pour les stagiaires qui emportent, corrélativement, de nouvelles obligations pour les employeurs.

Un renforcement de la dimension pédagogique du stage

La Loi impose notamment une meilleure intégration du stage dans le cursus de formation, dont le volume pédagogique d’enseignement est au minimum de 200 heures en présence de l’étudiant.

Le stage doit par ailleurs s’inscrire dans un véritable projet professionnel. Il doit donc être pensé et préparé en amont, et évalué en aval en fonction d’objectifs pédagogiques clairement définis dans la convention de stage.

Le stagiaire bénéficie ainsi d’un double accompagnement : le premier, pédagogique via son centre de formation, le second professionnel via l’établissement d’accueil, le tout afin de lui permettre d’ acquérir de véritables compétences.

Un double encadrement du stagiaire

Redéfinir la place du stagiaire et l’objectif du stage en entreprise a un effet direct sur l’entreprise, en particulier sur sa mission d’accueil de l’étudiant. En effet, la Loi impose que chaque stagiaire soit accompagné tout au long de son évolution par un tuteur issu de l’organisme de formation, et par un maître de stage issu de l’organisme d’accueil, tous deux faisant partie du jury devant lequel le stagiaire soutiendra son rapport ou son mémoire de stage.

Le tuteur a pour principales missions d’une part de veiller à ce que la mission du stagiaire en entreprise se déroule convenablement, et, d’autre part, de le conseiller et l’orienter dans la rédaction de son rapport (choix du sujet, …).

Le maître de stage, pour sa part, encadre le stagiaire au quotidien dans l’entreprise et veille au bon déroulement de sa mission. C’est lui qui définit les différentes tâches du stagiaire, lui transmet les informations nécessaires et vérifie la bonne réalisation des tâches confiées. C’est également le maître de stage qui sera en charge de l’intégration du stagiaire dans l’entreprise et dans l’équipe de travail, et qui lui inculquera la culture et les principes de l’entreprise.

Au-delà de la réussite du stage, c’est donc bien l’interdiction des stages photocopies et/ou des stages destinés à compenser un poste qui est recherchée via ce double encadrement.

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