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Conditions de travail : Free et Lidl épinglés par Cash Investigation. (1/2)

Conditions de travail : Free et Lidl épinglés par Cash Investigation. (1/2)
Le 26 septembre 2017
La diffusion du documentaire « Cash Investigation » intitulé « Travail, ton univers impitoyable » devrait donner du grain à moudre aux défenseurs du CHSCT et aux opposants à la réforme du Droit du Tr

Alors que les ordonnances de réforme du Code du Travail publiées au Journal Officiel samedi sont accusées de faciliter les licenciements par les syndicats, le magazine d’investigation de France 2 s’est intéressé aux méthodes de management des fleurons de l’économie française que sont Free et Lidl. Ce sont les déclaration de Xavier Niel dans le magazine Society à l’été 2016 qui ont interpellé Elise Lucet et ses équipes : « Les salariés dans les centres d’appels, ce sont les ouvriers du XXIème siècle. C’est un métier horrible. Le job qu’ils font, c’est le pire des jobs. ». « Qu’un patron parle ainsi de ses salariés nous a beaucoup surpris » confie Sophie Le Gall en dévoilant les coulisses de ce premier numéro de rentrée pour Challenges. 

Lidl : des ouvriers « semi-robotisés ».

250 colis par heure, soit 1 toutes les 14 secondes. L’équivalent de 6 voitures soulevées par jour. Même Charles Dickens aurait eu du mal à décrire les conditions de travail des préparateurs de commande au sein de l’ancienne star du hard discount. 

Pour sortir d’un positionnement qui ne rapportait plus assez de parts de marché après 20 ans de croissance ininterrompues, Lidl et ses 1530 enseignes en France, déjà connu pour l’extrême polyvalence de ses caissiers, est allé encore plus loin pour gagner en productivité.

« Les préparateurs de commandes situés dans les entrepôts peuvent porter jusqu’à 8 tonnes par jour, explique Sophie Le Gall dans son reportage. L'impact sur le corps des employés est réel. Les objectifs sont oraux et non écrits mais les équipes sont soumises à des cadences infernales. Sur certains sites, certains employés doivent préparer 250 colis à préparer en une heure."

Et pour leur permettre de conserver la cadence imposée, une seule interaction est autorisée sur le temps de travail :  « OK, 2-3, répétez »… « OK, 2-3, répétez »… En boucle dans les oreilles, à longueur de journée, voici le dialogue entre le préparateur de commande Lidl et le logiciel informatique. Un dispositif GPS vanté par l’entreprise comme permettant des gains de productivité forts… décrié par les salariés qui vivent un enfer. Le logiciel de préparation de commande « vous dicte ce que vous devez porter, dans quel rayon vous devez aller et toute la journée, vous échangez avec cette machine, répétant jusqu’à 3.600 fois le mot « ok », sachant que le salarié n’a le droit qu’à 47 mots pour répondre à cette commande vocale. ».

Quant aux caissières, elles ne sont pas mieux loties apparemment. « Avec le système de caisses à triple scannage, une caissière doit passer 30 articles par minute et la question qu’on doit se poser, c’est à quel prix ? » résume la journaliste de Cash Investigation.

Lidl : 2.196 licenciements pour inaptitude en 5 ans.

Les magasiniers peuvent porter jusqu’à 8 tonnes par jour, tandis que les risques de TMS (Trouble Musculo Squelettiques) sont très forts pour les caissières. On se souvient qu’en juin 2015, un agent de maîtrise de 33 ans s’était suicidé dans son entrepôt près d’Aix-en-Provence, visiblement épuisé d’assumer seul, depuis plusieurs semaines, le travail de 3 personnes.

Alors, après s’être procuré les rapports des travaux menés pas le CHSCT, l’équipe de Cash Investigation a décidé de mener ses propres tests. « Nous avons équipé un salarié avec un cardiofréquencemètre afin de mesurer son rythme cardiaque face à des cadences aussi intenses. L’avis médical est sans appel : au bout de quelques années, le corps finit par s’user. »

Et les chiffres sont également sans appel. En 5 ans, Lidl aurait licencié 2.196 personnes pour inaptitude au travail selon le rapport du CHSCT, mais à peine 1% d’entre eux aurait été reclassé. Et encore. « En général, ce sont des postes à plus de 250 kilomètres qui leur sont proposés. »

Reste qu’une bonne partie d’entre eux est tout simplement devenue inapte au travail. Comment retrouver un travail lorsque votre poignet lâche régulièrement ou que vos cervicales sont en miette ? « Qu’est-ce qu’on fait de ces salariés qui ont été usés par le travail » ?

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