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Grève SNCF : selon la CGT-Cheminots, la grève pourrait bien aller "au-delà" du mois de juin.

Grève SNCF : selon la CGT-Cheminots, la grève pourrait bien aller
Le 06 avril 2018
"C'est absolument inacceptable ce qui vient de se passer aujourd'hui" a déclaré Erik MEYER pour Sud-Rail à l'issue de la table ronde organisée avec la Ministre des Transports. Un sentiment qu'Elisabeth BORNE et le Gouvernement ne partagent pas...

Les syndicats de la SNCF avaient annoncé une grève perlée à compter du 03 avril afin de contester, pendant 3 mois, la réforme annoncée par le Gouvernement concernant notamment la fin progressive du statut des cheminots, l'ouverture à la concurrence, ... Ils rencontraient cet après-midi Madame Elisabeth BORNE, Ministre des Transports. Une rencontre dont plusieurs responsables syndicaux sont sortis manifestement ulcérés des négociations... 

Une inacceptable "mascarade" pour les syndicats, ulcérés et prêts à durcir la grève.

Didier AUBERT avait d'ores et déjà déclaré pour la CFDT ne rien espérer compte des des documents préparatoires transmis. Un sentiment partagé par Laurent Brun, Secrétaire Général de la CGT Cheminots, qui a qualifié ces mêmes documents préparatoires "d'assez vides", se déclarant à l'avance "dépité" par "le contenu probable des discussions" et rappelant qu'"On n'a pas l'intention d'y passer six heures et demie pour avoir le même résultat qu'hier". 

Un pressentiment qui s'est manifestement réalisé pour l'intersyndicale SNCF. "C'est clair qu'il n'y a pas eu d'avancée", a ainsi indiqué Didier AUBERT sur France Info. "On a le sentiment que la ministre veut qu'on écrive le texte à sa place (...) A chaque fois qu'on lui pose une question, elle dit 'il faut qu'on réfléchisse, on vous écrira'. Je crois qu'il faudra à un moment donné s'interroger : est-ce que la Ministre des Transports à la main sur cette négociation ? Autrement, il faudra trouver un autre interlocuteur".

Un avis largement partagé par les autres syndicats présents lors de ce tour de table, Laurent BRUN n'hésitant pas à déclarer "Nous sommes fondés à dire que cette réunion a été une véritable mascarade dans laquelle la ministre s'est contentée de critiquer ou de faire des remarques sur les propositions des organisations syndicales, sans ajouter elle-même de propositions et de contenus. Nous sommes donc extrêmement déçus de cette réunion et extrêmement mécontents que les revendications des cheminots n'aient pas été entendues".

Pour Eric SANTINELLI (Sud-Rail), le constat est sans appel : "Le Gouvernement refuse de repartir à zéro", tandis que Roger DILLENSEGER constate pour l'UNSA FERROVIAIRE que "Le Gouvernement, l'Etat, avancent à marche forée pour essayer de nous asphyxier". 

En bref, pour les syndicats, il s'agit d'un réel constat d'échec, Laurent BRUN ayant d'ailleurs d'ores et déjà annoncé que puisque "le statu quo" perdure, la grève pourrait durer jusqu'à la mi-mai.

Une négociation utile selon Elisabeth BORNE, qui comprend malgré tout que "discuter sur un sujet dont [les syndicats] ne veulent pas parler" peut être pénible.

"On ne sort pas de 7 heures de discussions sans que rien n'ait avancé" a martelé Benjamin GRIVEAUX, Porte-parole du Gouvernement et Secrétaire d'Etat auprès du Premier Ministre Edouard PHILIPPE sur RTL ce matin. "Là, on est en train de travailler à la gouvernance de l'entreprise. La SNCF restera une société publique, elle ne pourra plus s'endetter librement, il y aura une gouvernance plus claire. (...) Les discussions viendront sur la dette mais nous avons d'abord à discuter de l'organisation de l'entreprise" a-t-il expliqué.

"La CGT est contre l'ouverture à la concurrence par principe", a de son côté rappelé Elisabeth BORNE, Ministre des Transports sur France Info ce matin. "Si on discute deux heures d'un sujet dont ils ne veulent pas parler, je peux comprendre qu'ils trouvent ça long et pénible".

Cependant, la Ministre des Transports a tenu à réaffirmer son engagement au dialogue. "On a eu de longues discussions. on a abordé des sujets importants. Je ne dirai jamais qu'une négociation est inutile" a-t-elle rappelé. Preuve en est selon elle, "il y a des propositions. J'ai une vingtaine d'amendements proposés par la CFDT. Je vais les examiner."

Cependant, elle déplore le fait que "la posture des syndicats ne change pas. Quoi qu'on mette sur la table, on nous dit 'on appelle à une grève longue'. C'est plus utile pour défendre les cheminots de passer des journées à discuter plutôt que d'appeler à une grève qui va pénaliser les usagers. Continuons la discussion. Je peux comprendre que les cheminots se posent des questions. Moi, je suis là pour y répondre."

Restent que les syndicats ne semblent pas convaincus. "Aujourd'hui, il n'y a plus de débats avec les organisations syndicales" annonce Eric SANTINELLI. Or, force est bien de reconnaître que les principales dispositions de la réforme ont commencé à être adoptées en commission à l'Assemblée Nationale et qu'un projet de loi devrait être débattu en séance publique avant un vote solennel en première lecture le 17 avril. 

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