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PIMKIE : les syndicats bloquent la rupture conventionnelle collective, la Direction s'oriente vers un PSE.

PIMKIE : les syndicats bloquent la rupture conventionnelle collective, la Direction s'oriente vers un PSE.
Le 10 janvier 2018
Sitôt annoncée, sitôt enterrée. Les syndicats se sont majoritairement opposés au projet de rupture conventionnelle collective annoncé par PIMKIE. Ils dénoncent un "plan de sauvegarde caché" et une volonté de réorganisation globale de la Direction.

La Direction de PIMKI et du Groupe MULLIEZ voulait que les choses aillent vite. Elles n'ont effectivement pas trainé ! Dès mardi soir elle a fait savoir que son projet de rupture conventionnelle collective présenté lundi au Comité Central d'Entreprise était abandonné suite à l'opposition majoritaire des syndicats CGT, FO et CFDT... 

Pourquoi les syndicats se sont majoritairement opposés au Plan de Rupture Conventionnelle Collective présenté par la Direction de PIMKIE ? 

La Direction de PIMKIE avait présenté lundi lors du CEE un plan de RCC prévoyant la suppression de 208 postes sur un effectif de 1.900 salariés en France et la fermeture de 37 magasins sur les 321 ouverts dans l'Hexagone (les rumeurs faisant jusque là état de la fermeture d'une quinzaine de magasins seulement).

Ce mardi, au cours d'une réunion très tendue depuis le début, PIMKIE a soumis aux délégués syndicaux réunis au siège du groupe à Villeneuve d'Ascq (59) un tableau comparant les trois options mises sur la table pour cette réorganisation : un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), un plan de RCC "légale" et un plan de ruptures conventionnelles collectives "amélioré", PIMKIE proposant notamment des indemnités plus avantageuses. Mais pas de congé de reclassement... 

Pour la CGT, qui ne décolère pas devant le nombre réel de magasins fermés, il est clair qu'il s'agit d'un "plan de sauvegarde de l'emploi caché", ce que Valérie PRINGUEZ, délégué CGT et Secrétaire du CE expliquait dès lundi en ces termes: " On nous dit que c'est l'international qui plombe les résultats avec un déficit entre 47 et 50 millions d'euros du résultat d'exploitation, alors que la France est en positif, et c'est la France qui est ici le plus impactée ".

Pour elle comme pour la CGT, "Tout est lié à la mise en place cet été du programme Fashion 3, une réflexion globale à l’ensemble des enseignes d’habillement de la galaxie Mulliez menée par l’ancien patron de Kiabi Jean-Christophe Garbino. L’objectif à terme est de centraliser et de créer des mégastores. Ce qui arrive chez Pimkie est arrivé l’an passé chez Grain de Malice."

Même analyse chez FO, Maley UPRAVAN faisant remarquer que le discours de la Direction était "plein de dissonances : comment proposer des départs volontaires à des salariés à qui on va imposer la fermeture de leur magasin ? "

"Au vu des annonces faites lundi", Marie-Annick MERCEUR de la CFDT a confirmé aux Echos que son syndicat avait fait savoir dès le début de la réunion qu'il rejoignait FO et la CGT dans l'opposition au plan, l'enterrant purement et simplement.  FO, CGT et CFDT représentant 75% des salariés, la CFE-CGC représentant les 25% restants n'a même pas eu à se prononcer.

Quel avenir pour la réorganisation de PIMKIE suite à cette opposition ?

Pour les syndicats, le plan proposé par PIMKIE début janvier n'est que l'arbre cachant la forêt. Selon eux, c'est tout le département prêt-à-porter que le Groupe MULLIEZ s'apprête à réorganiser selon les termes du programme FASHION 3 lancé cet été et avec à sa tête Jean-Christophe GARBINO (ancien patron de KIABI), chargé de mener une réflexion sur "un écosystème de marques d'habillement autonomes, coopérantes et interconnectées", la "recherche de synergies" entre les marques, en particulier pour ce qui concerne les achats, afin de les "propulser vers l'économie d'aujourd'hui" (ndrl KIABI est à ce jour hors de cette réflexion).

En attendant, il est clair que les pertes affichées par PIMKIE depuis trois ans (sur la seule année dernière, PIMKIE aurait perdu 10% de son chiffre d'affaires) cumulées aux changements d'habitudes des consommateurs notamment à l'égard d'internet et de la baisse du budget de l'habillement depuis cinq ans (-6,2% pour l'année dernière par exemple) devraient sans peine justifier la mise en place d'un plan de licenciement économique ou d'un plan de sauvegarde de l'emploi ainsi qu'il l'avait été annoncé. 

Les salariés dont le licenciement est inévitable pourraient ainsi bénéficier d'un ensemble de mesures visant à favoriser leur reclassement. Reste que le fameux "traumatisme lié au licenciement" évoqué par Muriel PENICAUD aura du mal à être évité... 

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