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Fichage au Travail : L’affaire Leroy Merlin, nouveau cas de fichage illégal ? (1/2)

Fichage au Travail : L’affaire Leroy Merlin, nouveau cas de fichage illégal ? (1/2)
Le 11 octobre 2017
« Boulet », « Feignasse »… Après Radio France, c’est Leroy Merlin qui voit fuiter un fichier de suivi aux commentaires sans rapport avec les compétences professionnelles. Que peut faire exactement l’employeur ?

Il y a 15 jours, le fichier des résultats de la sélection pour le planning des pigistes avait par erreur été envoyé à certains d’entre eux. Les commentaires tels que « Il s’écoute trop et raconte des conneries. », « c’est Tchoupi qui fait du journalisme », « Il faut peut-être se calmer sur les amphétamines » ou « il serait pas mal en démonstrateur à Auchan ou DJ au Macumba » avaient suscités une vive polémique… La même chose s’était déjà produite à France Télévisions ou à la SNCF, provoquant le même tollé chez les salariés et les mêmes excuses gênées de la Direction. N’empêche… Loin d’être un cas isolé, le « fichage sauvage » semble devenir une règle. Ce qui  interroge sur le rôle de l’employeur, ses devoirs et ses obligations.

L’affaire Leroy Merlin : que s’est-il passé exactement ?

C’est France 3 Auvergne-Rhône-Alpes qui a rendu public la polémique après qu’un mail adressé le 5 octobre au DRH ait sonné l’alerte. En effet, les syndicats ont eu la surprise de trouver sur intranet ce document pour le moins insolite recensant l’ensemble des intérimaires ayant déjà travaillé entre 2014 et 2016 pour une plate-forme logistique de l’enseigne de bricolage située à Valence, dans la Drôme.

Car il ne s’agit pas d’un simple fichier de suivi –ce qu’il devait être au départ. L’ajout de commentaires sans rapport avec les compétences professionnelles et peu amènes ont largement changé la donne. « Boulet », « feignasse », « branleur », « beurk », « mou du genou », « veut le beurre et l’argent du beure », « vicieux »… Autant de qualificatifs blessants voire parfois insultants qui sont sensés résumer en une seule expression la personnalité voire le physique des intéressés.

Très en colère, la CGT menace de porter plainte et de saisir le parquet, dénonçant ce qui semble s’apparenter à du fichage illégal. Or, on sait que le site de Valence avait déjà été le théâtre d’un fort conflit social accompagné avec blocage des infrastructures à la fin de l’année 2016, les grévistes exigeants des réponses à la surcharge de travail et aux problèmes de gestion du personnel.

La Direction, pour sa part, tente de calmer le jeu en insistant sur le caractère « isolé » du fichier et faisant rapidement part de sa désapprobation sur son compte twitter : « Il ne s’agit évidemment pas des ‘méthodes » prônées par l’entreprise qui condamne cette pratique. Analyse en cours de ce fichier ». « L’entreprise condamne fermement cette pratique inacceptable. Une étude du fichier est en cours pour tenter d’identifier le ou les auteurs », ajoute-t-elle plus loin.

Face à cela, que peut faire l'employeur ? Et quel est le recours du salarié ? 

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