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Pourquoi, pour garder leur job, de plus en plus de salariés ont recours à la chirurgie esthétique ? (3/3)

Pourquoi, pour garder leur job, de plus en plus de salariés ont recours à la chirurgie esthétique ? (3/3)
Le 12 avril 2018
Aujourd'hui, les jeunes qui entrent dans la vie active ne mettent plus de lunettes pour "faire plus sérieux". Ce sont les quadras qui cherchent auprès de médecins esthétiques à faire "naturellement" oublier leur âge...

De plus en plus de salariés français ont recours à la chirurgie esthétique ou à la médecine esthétique pour des raisons professionnelles. Implants capillaires, soins dentaires, injection de Botox ou d'acide hyaluronique... L'objectif : rester compétitif, rester performant ou avoir "la tête de l'emploi". Et si les femmes sont plus nombreuses pour l'instant à y avoir recours, les hommes ne sont plus en reste, leur exigence esthétique augmentant avec leur niveau de responsabilité. 

L'apparence physique, facteur de réussite (ou d'échec) professionnelle ? 

Pour Jean-François AMADIEU, sociologue, professeur à l'Université Paris I-Panthéon-Sorbonne et auteur de La Société du Paraître aux Editions Odile Jacob (2016), la réponse est oui, sans aucune ambiguïté. Enquêtes, testings, sondages... Tous vont dans le même sens comme l'explique Jean-François AMADIEU, citant les très nombreux résultats obtenus, en France et ailleurs, par divers chercheurs. 

Ainsi relève-t-il, pour un poste d'accueil, une jeune fille blonde et mince aux yeux bleus obtient près de quatre fois plus de réponses à son CV qu'une sénior et six fois plus qu'une candidate en surpoids. Certes, on peu considérer que l'apparence physique fait partie intégrante de ce type de poste. Mais quid d'un comptable ? Or, là encore, même résultat : une jeune femme recevra deux fois plus de réponses favorables si elle a un visage séduisant plutôt qu'ordinaire. Les chercheurs suisses n'hésitant d'ailleurs pas à affirmer que c'est moins la date de naissance que l'âge que semble avoir le candidat sur la photo du CV qui compte...

Les plus de 45 ans, particulièrement pénalisés sur le critère esthétique.

Jean-François AMADIEU en est convaincu : "Les armes de la séduction sont à peu près les mêmes lors d'un entretien d'embauche et lors d'une rencontre au bar le samedi soir. Les candidats sont eux aussi dotés d'une sorte de capital érotique, que les employeurs ont plus ou moins envie d'acheter"

Co-fondateur du cabinet de chasseurs de têtes SAPIANCE RH, Tristant FLAVIGNY explique : "En France, on manque d'une vraie culture de l'évaluation des compétences. En l'absence de critères objectifs, les recruteurs s'attachent à autre chose : la première impression, le feeling, l'apparence physique".

Fort de ce constat, le Cabinet OASYS CONSULTANTS a décidé de lancer deux fois par an des ateliers axés sur le look à destination des cadres en transition professionnelle. Des ateliers non mixtes pour parler taille de la barbe, maquillage, tenue vestimentaire, bonne mine...

"La salle est pleine à chaque fois, preuve que cela répond à un vrai besoin. Beaucoup de cadres, même dirigeants, n'ont pas conscience de l'image qu'ils projettent" raconte Isabelle MONIER-KHUN, directrice associée, qui accompagne des dirigeants associés.

Avoir l'air naturelle artificiellement... le nouveau paradoxe des quadras 

Il n'existe aucune statistique fiable et objective sur les motivations du passage à l'acte, qu'il s'agisse de chirurgie ou de médecine esthétique. Les seuls chiffres sont ceux données par la profession elle-même, et qui font état, en 2016, d'environ 517 000 actes médicaux pratiqués en France par un peu moins d'un milliers de chirurgiens esthétiques (soit une hausse de +6% par an quand même). La France est le dixième pays en matière de recours à la chirurgie esthétique, derrière les Etats Unis, le Brésil et le Japon qui tiennent le podium de très loin.  

Une seule certitude pour les praticiens : les Français, et plus encore les Français en activité professionnelle, recherchent d'abord et avant tout un effet naturel. Pas question d'opération spectaculaire à l'américaine ou à la coréenne... "Chez nous, les gens qui travaillent ne pas dans l'outrance, ils ne veulent pas être transformés. Ce qu'ils souhaitent, c'est que leurs collègues leur disent 'oh ! tu as l'air en forme toi' et pas 'tiens, tu as fait un lifting?' " résume le chirurgien plastique parisien Catherine BERGERET-GALLEY.

Le recours à la chirurgie esthétique pour motif professionnel en passe de se banaliser.

Le recours à la chirurgie (ou à la médecine) esthétique pour motif professionnel sont clairement en train de se banaliser. En cause ? L'allongement de la vie active, l'individualisation des parcours, mais aussi le développement marketing de soi et le culte du jeunisme, véritable fléau moderne dans les entreprises françaises.

Une tendance que Barbara CARNEVALI, maître de conférences à l'EHESS et dont les travaux de recherche portent sur l'esthétique sociale justement, nous décrypte : "Chaque époque à son âge phare. Autrefois, les jeunes qui entraient dans la vie active s'habillaient comme des vieux pour avoir l'air crédible, sérieux. Aujourd'hui, c'est l'inverse. Les plus de 40 ans essaient de ressembler à des jeunes adultes. Ils s'excusent de vieillir et tentent d'oublier que leur corps est un compagnon de vie avec sa dynamique propre".

Alors... A quand la prise en charge par les mutuelles complémentaires santé d'entreprise des injonctions de Botox ou d'acide hyaluronique ? 

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