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La discrimination sur le handicap en entreprise : Une pratique trop fréquente

La discrimination sur le handicap en entreprise : Une pratique trop fréquente
Le 12 octobre 2018
Pour la première fois depuis des années, le handicap est devenu la cause n°1 de discrimination en France. Focus sur cette situation ahurissante.

I/ Une stigmatisation du handicap à l’origine d’un mal-être

Le handicap est encore de nos jours un sujet peu maîtrisé et stigmatisé par la société, notamment dans le monde du travail.

Pourtant, les personnes handicapées sont nombreuses en France et dans le monde : Il y aurait plus d’un milliard de personnes souffrant d’un handicap dans le monde !

 

Mais qu’est-ce qu’un handicap ?  Selon l’article L114 du Code de l’action sociale et de ses familles : « Constitue un handicap... toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant. » Cette définition du Code de l’action sociale et de ses familles est très complète. Elle distingue en effet 5 familles de handicaps distincts, ce qui permet d’envisager une vision globale de la notion de handicap.

Une personne handicapée peut certes posséder certaines limites ou déficiences, mais il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit de personnes comme les autres qui n’ont pas choisi d’avoir un handicap.

Cela ne semble pas clair lorsque certaines personnes décident de traiter cette différence comme une tare et déprécient ainsi la personne en situation de handicap.

 

Cette discrimination se traduit de plusieurs manières.

Dans un premier temps, ces personnes en situation de handicap vont subir des remarques stigmatisantes à leur encontre, vis-à-vis de leur particularité.

Ces remarques ne seront pas forcément matérialisées par des insultes. Elles peuvent être manifestées sous forme de réflexions sur la place du salarié dans son travail, sa valeur réelle dans l’entreprise… En bref, cela peut aussi passer par une dévalorisation directe de son travail.

Cette forme de mépris vis-à-vis des personnes en situation de handicap est vécue par une grande partie des salariés handicapés, mais il n’y en a encore que trop peu qui franchissent le cap et rapportent à l’employeur cette discrimination dont ils sont victimes.

 

Des mesures en faveur de la lutte contre la discrimination existent cependant pour tenter d’enrayer ce mal qui touche la plupart des travailleurs handicapés.

Qu’il s’agisse de la discrimination à l’embauche, du harcèlement sur le lieu de travail ou bien même de licenciement fondé sur le handicap, le Code du Travail protège le salarié handicapé et punis lourdement les actes de discrimination, notamment par le biais de l’Article L1132-1.

De même, la RQTH, ou Reconnaissance en Qualité de Travailleur Handicapé, permet à diplôme égal et emploi égal de bénéficier d’une priorité à l’emploi.

 

II/ Une insertion difficile sur le marché de l’emploi


Quand bien même la loi protège et tends à faciliter l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés, certains employeurs semblent privilégier les salariés atteints d’handicaps légers, invisibles. Il ne s’agit pas toujours d’une discrimination au facies, mais de mesures économiques.

Pour dire les choses crûment, certaines entreprises considèrent qu’un salarié lourdement handicapé coûte cher à l’employeur.

En effet, il faut prévoir des aménagements, et certains employeurs ne le veulent pas.

Alors, pour palier le quota de 6% de travailleurs en situation de handicap imposé par la loi du 10 juillet 1987, ils choisissent de recruter des personnes « légèrement » handicapées.

Pourtant, la loi de 2005 relative au handicap pose comme principe fondamental le droit à compensation : tout salarié en situation de handicap peut bénéficier d’un aménagement de son poste qui lui permettra de travailler dans les mêmes conditions que ses collègues.

L’AGEFIPH propose même des aides aux entreprises souhaitant installer des aménagements en faveur de l’insertion des salariés handicapés.

 

En dépit de ces aides et obligations légales, les entreprises se bornent à employer des personnes légèrement handicapées ou décident carrément d’ignorer le quota, quitte à payer l’AGEFIPH tellement la taxe est peu dissuasive.

Cela n’aide pas les salariés en situation de handicap à trouver un emploi, surtout que selon le Défenseur des Droits le taux de chômage des salariés handicapés est deux fois supérieur à celui des personnes « valides ». 

 

On se rends ainsi bien compte de la situation difficile dans laquelle se trouvent les travailleurs handicapés.

 S.Bouhedjar